
LA DÉMARCHE
Démarche
À travers certains éléments de la nature qu’elle choisit pour l’affinité profonde qu’elle entretient avec eux, l’artiste nous emporte dans la sensation d’être feuille, tige, fleur, pollen, mousse, écorce, sève, plume, griffe, eau, reflet... L’inspiration végétale en filigrane de nombreuses séries est un vivier de formes changeantes aux lignes souples, d’espaces traversés de lumière, ou théâtre d'ombres offrant à son esprit une fantasmagorie qui l'enchante. L’eau, la lumière, la nuit, le vent, les bêtes sauvages et familières entrent dans ce chant du monde où émotions et sensations entremêlées s’inscrivent dans la peinture, celle-ci enregistrant finement l’intensité de la joie comme celle de la mélancolie, restituant la vie intérieure dans toute sa complexité.
Un nouveau cycle (Morceaux de Nature - Saison 2) s’installe doucement après une longue période d’un travail plus symboliste. C’est un retour de l’émerveillement face à la nature avec ce plaisir renouvelé du regard qui saisit et de la main qui vibre et transmet la sensation en même temps que le mouvement intérieur qui anime l'artiste.
Côté technique, elle utilise différents moyens d’expression, de médiums ou de supports qui lui apportent le renouvellement formel qu’elle cherche pour s’étonner elle-même. Elle pratique la peinture, la gravure et le collage. Elle édite aussi de petits livres de sa poésie. La peinture à l’huile est le médium de prédilection qu’elle pratique sur des fonds qu'elle prépare, gestuels, colorés et absorbants. Une cuisine à la recette secrète.
De ses filiations, nombreuses et mouvantes, quelques noms d'un panthéon tout personnel :
De Guo Xi à Suzuki Harunobu; Paul Gauguin et les nabis, Caspar David Friedrich, Odilon Redon, Ernest Pignon-Ernest, Edgar Degas, Gustav Klimt, Jean Lurçat, Camille Claudel, Niki de Saint Phalle, Arthur Rackham, l'art Inuit, Aristide Maillol, Louise Bourgeois, Georgia O'Keefe, Edward Burne-Jones, Edouard Vuillard, Peter Doig, Félix Vallotton, Andy Goldsworsthy, Zao Wou Ki, Pierre Bonnard, David Hockney, Lorenzo Mattotti, Van Gogh, Najia Mehadji, Muriel Moreau, Didier Hamey, Astrid Polman, Raija Jokinen, Amanda Mc Gavour, Rebecca Louise Law, Ricardo Cavallo, etc :-)
Parcours
Une demi-formation à l’école des beaux arts de Quimper puis de Nantes l’empêche de se dire totalement autodidacte, pourtant, la véritable formation débute en quittant l’école… « je suis en formation continue depuis quarante ans dans une sorte de rêve éveillé où je peux lire autant que je veux et pratiquer les activités que je préfère au monde. »
Après l’exposition de ses premiers pastels en 1991, elle expérimente un grand nombre de manières de montrer son travail pour le mettre en relation avec des publics variés : cafés, restaurants, espaces municipaux, locatifs, salons de peinture, galeries d’art, galeries associatives, portes ouvertes d’atelier, etc. À Paris, à Nantes et dans le Morbihan.
De retour dans le Finistère en 2000, elle crée les ateliers associatifs Regart sur deux communes rurales voisines et commence à enseigner le dessin, la peinture et les arts plastiques pour un large public de « 7 à 77 ans »… Elle organise de nombreuses expositions singulières hors des circuits balisés, sensibilisant un territoire à la démarche artistique.
Quelques détails significatifs du parcours ;-)
1978 – 2003 : Les commencements
À l’âge de douze-treize ans Elle découvre la peinture chinoise de Guo Xi (XIème siècle) et les estampes japonaises de Suzuki Harunobu dans les livres de la bibliothèque municipale de Quimper. Elle copie nombre de paysages et de scènes à la plume et au pinceau, à l’encre de Chine ou à la gouache. La découverte de ces œuvres délicates est un ravissement pour l'enfant qu’elle est. Elle commence à pratiquer la photographie avec le matériel de son père, passionné de photo, un kodak rétinette et un 6x6 yashica, puis elle apprend le développement en noir et blanc. Cette formation de l’œil et de la main la dirige naturellement vers les beaux-arts où elle entre avec un premier univers onirique. Elle quitte l'école à mi-parcours et continue à peindre : paysages, nus et motifs décoratifs, à l’encre, à la peinture à l’huile, aux pastels, à la gouache...
Ce geste est nourri de grands voyages, de longues traversées des grands espaces américains (1989 puis 1994), les mêmes qui ont été célébrés par les illustres peintres paysagistes de l'Hudson river school dont elle découvre alors les tableaux.
Annie Pennanec’h éprouve tôt le besoin d’exposer son travail, paysages et personnages imaginaires au pastel pour sa première exposition dans un restaurant à Paris en 1991.
Croquis, dessin d'observation et modèle vivant nourrissent sa pratique ainsi qu’une faim jamais rassasiée de lecture - essais sur l'art et monographies, poésie, philosophie, romans…et l'écriture (journal, poésie, correspondance). Elle recopie des centaines d'extraits de ses lectures, pour les intégrer (psyché), les relire, les partager. Reflet d’un profond désir de connaissance, de compréhension des phénomènes du vivant et de l'humain, qui aide au dépassement de soi et à la transmission.
À partir de 2005 l'image et le texte s'entrelacent dans quelques peintures, révélant ou cachant une poésie qui se libère peu à peu du carcan de l'intime et de l'écriture épistolière (Peinturlue).
Le collage et la gravure enrichissent sa pratique en ouvrant de nouvelles voies autonomes. Elles influent sur sa peinture où s’immiscent des effets de collages, de changements d’échelle ou encore des effets de gravure.
Elle publie poésie et gravures aux Éditions de Morphée petite édition d'artiste qu’elle crée en 2012.
Elle pratique la sculpture de temps en temps, le travail en volume abordé comme une récréation.
Elle réalise quelques portraits et petits dessins d'illustration pour la presse ou des commandes privées.