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TEXTES 

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Extraits de correspondance avec Émilienne Kerhoas entre 2012 et 2014

 

Sur un carton de photos de mes peintures allant de 1988 à 2003

"Je suis éblouie, sidérée par tes paysages à la fois réels et rêvés, transfigurés par le mouvement de ton esprit. Je m'y perds, je m'y retrouve. Je suis à tes débuts dans l'effervescence des formes, des couleurs où l'on sent déjà la maîtrise, l’œil aigu de l'artiste. Tu as tes couleurs à toi comme Gauguin avait les siennes - même si la photo trahit peut-être la couleur des tableaux j'en saisis l'intensité parfois presque tragique malgré la familiarité des lieux. La maison de l'homme semble en épouser l'inquiétude.

Tout est en partance

Les corps de femmes sont admirables – on croit épouser l’élasticité de la chair – Les visages révèlent le fantastique que la femme appréhende si bien. Tu excelles dans la lancée de grandes lignes souples, dansantes parfois mais et, celà me semble encore plus extraordanaire dans le rendu du feuillage, des fleurs, des buissons - dans ce foisonnement d'où tu sais détacher chaque parcelle avec une finesse, une vie papillonnante et féériquement hallucinante.

(...)

Je regarde maintenant l'ensemble 2003 2006

Il me semble que ton espace se fait plus vaste unissant les éléments et le végétal dans un mouvement de danse : eau, fleurs, couleur feu, couleur soleil, l'élan d'une tige les emportant vers quel lointain ? Et là où l'oeil s'arrête on assite à une étrange alchimie comme sur les photos où une forme circulaire: fleur ou champignon passe par des métamorphoses avant d'arriver à l'épanouissement solaire ou d'autres où fleurs et papillons se mêlent et la toile se fait chair, mûre pour l'extase.

(...)

Carton n°3 - 2005 à 2009

Tu allies passion et patience

symétrie - dissymétrie : les tapis := une merveille ! - à regarder à la loupe aussi - 

Et puis soudain l'humain, le visage, le végétal si ce n'est l'astral en symphonie - l'envol des saisons - les noces du ciel et de la terre, de la vie, de la mort ! qui ne voudrait de ce linceul délicat ? sur son corps nu, avant d'aller en terre ?

Et cette crucifixion ? tu es plus géniale que je ne le savais - Et ton oiseau-femme-poisson !...

(...)

Carton n°4

Cybèle préside la ronde des saisons et s'incarne, à chaque fois dans chacune de ces femmes qui sont pour moi mystère et force, grâce sous l'éparpillement végétal.

Il y a en elles cette force tellurique, cette souveraineté de l'invisible - Et la Présence de l'ange, de Nicolas de Staël (dont tu sais dire l'obstination dans ses bras croisés et son rêve fou dans le mouvement désinvolte de la tête et d'une mèche de ses cheveux: petits mouvements du pinceau qui n'ont l'air de rien et qui captent tout)

Présence de Rimbaud, l'oiseleur qui laissa fuir ses songes."

(...)

***

 

 

Esquisse d'un cheminement en peinture (1988-2012)

 

C'est en 2009 que j'ai vu pour la première fois un ensemble de peintures d'Annie Pennanec'h. Ses "Morceaux de nature" étaient une célébration du végétal qui m'invitait à une longue méditation sur le cycle des saisons. En regardant à nouveau ces toiles aujourd'hui, j'imagine l'artiste assise sur un tronc d'arbre, dans un sous-bois, observant longuement le sol et tout ce monde vivant qui retourne à la terre en automne... La moindre petite surface au pied d'un arbre devenait pour elle, à cette époque, une composition aux couleurs délicates où nos regards aiment à nouveau aujourd'hui s'attarder. Imprégnées de cette attention à la nature jusqu'à son intimité, les toiles de cette période invitent toujours à une profonde contemplation. Le chemin des choses proches, pour nous autres hommes, est de tout temps le plus long, et pour cette raison le plus difficile*. Ce recueillement de l'artiste dans sa confrontation au réel traduisait la même gravité silencieuse des lentes transformations naturelles que m'avaient autrefois inspirée les peintures des Romantiques allemands. Cette ascèse évolua plus tard vers des peintures aux accents orientaux et aux couleurs tendres, vers des jeux candides du vide et du plein dans les branchages fleuris des arbres fruitiers.

Ce rapprochement avec la nature avait été précédé par des paysages et des nus (1988 – 2002) succédant à un premier univers onirique, malmené par un passage à l’école des beaux-arts (1984-87) et qui ne se développera que plus tard, après 2002. Il faut dire aussi que ce retour à la nature s'était nourri entre temps de grands voyages, de longues traversées des grands espaces américains (1989 puis 1994), les mêmes qui avaient été célébrés par d'illustres peintres-paysagistes dont elle put admirer les tableaux dans les musées de New-York.

Entre 2006 et 2009, aux "Morceaux de nature" s'ajoutent des "peintures-écritures" où s'entrelacent l'image et le texte. L'artiste ne les retient pas comme de "bonnes peintures" mais ces travaux ont libéré son écriture, confinée jusqu'alors au journal intime et à la correspondance. Sa poésie n'a pas trouvé de meilleur chemin pour se révéler qu'en se montrant cachée en peinture. Et les grandes gouaches qui ont suivi ("Rêveries"), initiées chacune par un morceau de texte ou par un épisode mythologique ont réconcilié la poésie et la peinture en permettant à chacune de s'exprimer à part, librement. Ainsi le peintre se doublait d'un poète.

Peu à peu, dans les années 2010-2011, on a vu ces louanges faites à la nature se laisser gagner par une étrange métamorphose. Les branches puis les arbres eux-mêmes se transformaient pour ressembler à des corps, créatures en devenir qui tentaient d'assumer leur liberté en quittant leur prison végétale. Au registre méditatif et ingénu s'ajoutait un registre tourmenté, à la frontière du fantastique. Les toiles devenaient plus grandes, la couleur prenait de l'assurance et la touche se modifiait ; elle gagnait en vigueur et en passion. Cette fois, c'est pour la recherche d'un double sensuel que l'artiste s'éloignait du réel.

Il y a dans les toiles de cette période une lointaine mémoire des mythes anciens. On pense à la belle Daphné qui se métamorphose en laurier pour échapper aux désirs d'Apollon, à Philémon et Baucis transformés en un chêne et en un tilleul enlacés pour l'éternité. En contemplant ces troncs majestueux aux galbes tendus que l'artiste fait surgir d'une matière richement colorée, on imagine aussi, sortant de l'écorce, la figure d'Adonis symbole de la mort et du renouveau de la nature.

Les qualités d'un peintre se mesurent au pouvoir et à la volonté qu'il a de créer des mondes ou de sublimer la vie de tous les jours. Annie Pennanec'h sait jouer de cette puissance étrange que possède la peinture de coller à une certaine vérité, par exemple quand la joie s'accouple à l'amertume pour affirmer une figure picturale consistante. Mais dès qu'elle le peut, elle retourne à son registre plus enchanté et couvre d'un masque de fleurs ce visage humain qui ne supporte plus de se regarder. Annie Pennanec'h voudrait échapper à la lourdeur du quotidien, fuir certaines structures aliénantes ou sclérosantes, retrouver par la couleur et la ligne l'innocence des commencements. Dans une série de peintures appelées "Fables" (2011-2012), le rêve et la candeur transcendent le réel insaisissable et opaque. L'alliance d'une palette somptueuse et d'une matière richement travaillée crée dans les toiles de cette période un monde où se côtoient paisiblement l'homme et l'animal en un paradis recommencé. Les bêtes sauvages y retrouvent l'enchantement d'une innocence première. On les regarde avec tendresse, celle que l'on accorde à nos animaux familiers. Une superbe étreinte gravée en noir et blanc, intitulée "Vingt ans" affirme l'essentiel de la vie, incarné par deux oiseaux amoureux. Dans une autre gravure, "La grande sieste" loge tout un bestiaire, rêve d'un corps en gestation.

Dans la série "Noli me tangere" (2011-2012), le chemin de l'innocence que l'artiste ne quitte jamais complètement, est entravé par un tourment nouveau auquel elle fait face. La beauté de ces toiles plus graves est justement dans cette intériorisation, dans cette souffrance assumée. Elle naît des impossibilités qui sont au cœur de notre vie, dans nos rapports aux passions. Cette errance est une voie plus tragique mais elle invite à un questionnement essentiel, car l'artiste s'est livrée malgré elle à d'étranges rapprochements où plaisir solaire et gravité inquiète s'associent en une figure désirante : on y reconnaît des corps où l'extase se mêle au tourment, postures de volupté, joies de l'étreinte, ou bien allusions mythologiques qui évoquent le danger des passions. Ces peintures ont des titres qui nous rappellent qu'elles doivent quelque chose à la grande sculpture, de l'antiquité à nos jours (Psyché, Fugit Amor...).

 

Annie Pennanec'h ne s'est pas repliée sur elle-même pour peindre. Son appétit de lecture et d'écriture, sa curiosité pour ses semblables comme pour les œuvres des plus grands témoignent de son ouverture au monde. En se livrant à l'étonnement journalier qu'est l'acte de peindre, en pratiquant cette activité jubilatoire qu'est le travail en atelier, elle sait qu'en échange elle doit répondre à l'exigence d'un art au passé prestigieux. Les transformations de son travail nous le montrent : pour elle, rien n'est jamais acquis, sa peinture est toujours en alerte.

 

Clet Carval (alias un artiste qui ne dit pas son nom… et qui n’habite pas Brest !) Brest, 2013.

*Heidegger, Le Principe de raison

 

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Désirs d’arbres

 

C'est à la faveur d'une errance que le regard s'ouvre aux beautés du monde. Il y a quelques années, le regard d'Annie Pennanec'h était absorbé par les sols d'automne. C'est ainsi qu'elle se préparait à peindre. Elle examinait ce qui recouvre la terre quand les feuilles commencent à tomber : les brindilles, les feuilles mortes, l'insignifiant, des petits riens trouvés dans ces lieux où les choses pourrissent avant de renaître du grand Tout. Il s 'agissait pour elle de s'attarder à cette frontière chaotique entre la vie et la mort que nous foulons chaque jour sans la regarder, et de nous en restituer la part sensible, féconde et délicatement dématérialisée. Ces compositions, qu'elle avait exposées au centre Kelenn de Quimper en 2009 alliaient, on s'en souvient, l'élégance des dessins de la grande tradition orientale à une fraîcheur candide qui nous rappelaient parfois les peintures d'Odilon Redon.

On retrouve aujourd'hui ces mêmes qualités de couleurs et de lignes, mais cette fois c'est le corps humain et les arbres qui nourrissent le travail d'Annie Pennanec'h : leur ressemblance, l'étrange rapport qui les lient depuis toujours.

Chaque tableau de sa première série de grandes gouaches sur papier représente l'allégorie d'une Saison, forme humaine solitaire qui se dresse, effigie angélique et fière libérée de la pesanteur. Ce sont des créatures d'avant la chute, au temps d'un âge d'or, peut-être quand Epiméthée fût chargé par les dieux d'attribuer une qualité à l'homme, le dernier des vivants ; d'imaginer aussi, suppose Annie Pennanec'h, comment orner leurs corps. Les vêtir de feuilles ou les tatouer de fleurs? Quelle nature leur donner ?

Mais il n'y a pas de nature humaine nous apprend le philosophe. Epiméthée a failli à sa tâche. Il nous faut donc emprunter au reste de la création ce qui peut nous élever. Annie Pennanec'h a choisi les arbres. Les siens qui font l'objet d'une autre série de grandes gouaches, d'acryliques et d'huiles sur toiles, sont habités d'une vie animale ; une chrysalide humaine pousse à l'intérieur, créature déchue qui a investi le monde végétal pour mieux monter avec lui. Enfermée, entravée, elle souffre de ne pouvoir sortir, scène fantastique de l'animal prisonnier du végétal, étiré entre la soumission au rythme de l'arbre, et la violence, l'urgence du désir de vivre, de transgresser. Forcément, à un moment, on le sent, l'enveloppe se déchirera et la créature réussira à se libérer. D'ailleurs quelques-uns de ces « monstres » ont déjà tenté une sortie. Certains semblent mal préparés à trouver leur place ou à se créer un monde. D'autres comme cette Furie écarlate sur fond vert s'affirme avec audace en traversant l'espace dans un mouvement de révolte.

Ainsi, dans ses dernières œuvres, en déclinant ces métamorphoses et ces prodigieuses convulsions de l'arbre, Annie Pennanec'h nous invite à un questionnement de nous-mêmes, de nos pulsions et de nos passions, sur ce qu'on nous oblige à enfouir ou à taire pour pouvoir vivre ensemble. C'est notre désir refoulé qu'elle transforme par l'exercice de la ligne et de la couleur et qu'elle nous redonne à vivre, dans cette puissante alliance de la peinture avec les forces naturelles.

 

Michel Tyrdel (alias un artiste qui ne dit pas son nom) 2010

 

 

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Petits riens du Tout

 

Nous avons tous connu, un jour ou l'autre, le plaisir de nous coller contre le tronc d'un arbre, de l'entourer de nos bras et d'écouter. Ou bien celui de s'enfouir sous les feuilles mortes, tout contre le sol, pour mieux sentir d'où l'on vient et se rappeler de cette manière que nous aussi, comme les arbres, nous appartenons au grand cycle de la nature.

C'est probablement ce genre d'expérience qui est à l'origine de la peinture d'Annie Pennanec'h. Avant de sacrifier, comme le font trop tôt la plupart des jeunes peintres, à l'exigence ou aux nécessités formelles de la peinture d'aujourd'hui, Annie Pennanec'h a voulu faire une sorte d'expérience initiatique, un retour aux sources. C'était entre 2003 et 2005. Bien sûr, depuis sa formation artistique, elle savait ce qu'elle devait aux grands peintres, en particulier aux héritiers de Cézanne et des impressionnistes, et pourquoi elle les admirait. Mais il lui fallait, pour devenir peintre elle-même, tenter d'abord une épreuve au contact des éléments, avec la nature comme seule référence. Cette nature que Annie Pennanec'h affectionne particulièrement n'est pas celle qui nous est la plus familière, celle du marcheur à la recherche d'un panorama entre ciel et terre. Non, c'est la nature qui est à nos pieds, celle à laquelle on ne fait pas attention, que l'on peut toucher en se penchant vers le sol et dont on peut sentir l'odeur en s'approchant encore davantage. « La vue globale ne m'intéresse pas, déclare Annie Pennanec'h, c'est ce qu'on ne voit pas au premier regard qui m'intéresse. » Pour bien peindre, il faut être ce que l'on peint, être ce que l'on voit, ou le devenir. Pour cela, elle est allée d'emblée au plus caché et au plus fragile, se limitant à de petites portions de sol qui habituellement passent inaperçues, ces petits lieux ordinaires apparemment inertes mais qui sont autant de mondes débordant d'une vie secrète et féconde. Elle s'est penchée sur ce qui était tombé, sur les feuilles mortes, les brindilles, ces débris sensibles au moindre souffle qui sont repris par le chaos de la terre, et qui se préparent à y être enfouis. Avant de peindre, il lui fallait s'immerger dans l'intimité de ce sol, être au plus près de l'humus, toucher et respirer cette frontière où se distillent la vie et la mort, pour mieux s'interroger sur soi et le monde. Ainsi, à l'exemple d'Alexis Gloaguen quand il parle des feuilles de l'automne, Annie Pennanec'h a su, en peinture, tirer des feuilles mortes qui tapissent le sol toute la richesse colorée : Réfractaires d’abord, elles se mêlent à la terre comme des mémoires piétinées. Brassées par le vent, elles stratifient d’or natif les creux et les berges pour être aspirées par les racines des arbres qui les ont jetées... Et leurs teintes s’écoulent rapidement vers le brun. Pressées par les intempéries, elles libèrent l’invisible cidre de l’hiver*. De l'observation tenace de ces petits riens, elle nous rapporte des signes, les signes de la fragilité de notre existence, et une certitude, l'évidence que la beauté est périssable. Ainsi, parmi les travaux présentés, comme dans les “vanités” de la Renaissance, les peintures qui ont pour sujet les sols d'automne nous obligent-elles à une étrange confrontation à l'œuvre du temps qui passe. Que ce soit dans ces compositions de feuilles et de débris végétaux, ou bien dans ce dialogue entre l'arbre mort et le bouquet bleu, ses tableaux agissent comme des présences sereines, car ils nous entretiennent d'une vérité simple et grave à laquelle nous ne pouvons échapper : la vie toujours recommencée, entre la naissance et la mort.

D'autres tableaux ne retiennent que la dimension de la vie. Là, le risque est plus grand. En proposant une jouissance immédiate, ils semblent écarter toute réflexion, comme si l'harmonie des couleurs devait suffire. Dans ces peintures “champêtres”, la composition disparaît au profit d'une ponctuation colorée qui recouvre toute la surface du tableau : écriture limpide et franche faite de fleurs rouges ou bleues en touches vives, un sujet qui pourrait être banal tellement il a été traité en peinture, mais sauvé ici par une candeur, une pureté tranquille, qui oblige et retient le regard.

Pourtant, il est impossible de croire que cette nature, même intimement observée et fouillée, à la manière d'Annie Pennanec'h, peut à elle seule mener à la peinture. Certes, tout peintre a eu un jour ou l'autre l'ambition de retrouver une pureté originelle en retournant sur le motif, mais c'est pour s'apercevoir en fin de compte qu'on ne peint jamais “d'après nature”. Qu'on ne fait jamais “table rase”. Il y a toujours, derrière chaque peintre, l'enseignement caché de grands artistes qui le font devenir peintre lui-même. Pour Annie Pennanec'h, cet enseignement est celui des peintres orientaux de la grande tradition, celle où le corps doit longuement s'imprégner de ce qui l'entoure avant d'agir. C'est à leur exemple et à l'observation de leurs peintures qu'elle doit la fraîcheur et le dépouillement de certaines de ses petites compositions de brindilles et de petits riens. Elle leur doit aussi le pouvoir de transmettre ce sentiment du vide, si étranger à notre tradition, cet art du dépouillement si propice à la méditation. Dans une tradition plus proche de notre histoire, Annie Pennanec'h aime aussi les Romantiques allemands, comme Caspar David Friedrich, et un certain réalisme fantastique qui leur est associé. Elle a suivi leur exemple, au plus près des éléments, pour mieux sentir dans l'acte de peindre la dimension spirituelle qui parcourt la création.

À une époque où il est devenu facile d'attirer le regard en jouant sur un “effet pictural”, Annie Pennanec'h ose l'intériorité. Elle pense que rien n'est plus profond que cet art de la surface qui se nourrit du fragment et de l'observation d'une nature ordinaire de proximité. « J'ai du mal à être un tout qui se tient », dit-elle. Et pourtant dans ces “morceaux” de nature que sont les peintures d'Annie Pennanec'h, il y a tout, ou plutôt l'essentiel. Il y a d'abord ce qui nous rapproche d'une vérité, le caractère éphémère de toute vie dans sa perpétuelle transformation, et puis, à travers cet ordre subtil qu'elle a su faire émerger du chaos, l'invitation à jouir d'une paix, une paix parfois joyeuse, parfois grave et profonde, qui nous réconcilie avec notre condition.

 

Yves Doaré, août 2009

 

*Alexis Gloaguen, Le Pays voilé

 

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