NOLI ME TANGERE

"Noli me tangere" (Ne me touche pas)

est un thème récurrent de l'histoire des arts, il fait allusion à un épisode biblique où Jésus lors de sa résurrection demande à Marie Madeleine de ne pas le toucher.

Ainsi la peinture a ce pouvoir de (res)susciter l'émotion et elle impose au spectateur de substituer le "voir" au toucher. Renoncer au toucher permet d'accéder à la figuration (imagination) puis à la pensée, par opposition à la pulsion.

Les mythes ou les grandes sculptures depuis l'antiquité nourrissent cet ensemble de peintures où le corps est transfiguré par le désir, ou par la douleur d'être réduit à un objet de désir, chosifié. Ou de n'être plus objet de désir.

 

« La peau est la source, le lieu et le modèle du plaisir. Le rapport des sexes ne fournit qu’un supplément. Et d’expliquer que pour elle ce qui venait de se passer, ce n’était pas la crue d’un fleuve suivie de son brusque déferlement, ni un coup de cymbales déchirant le tissu sonore d’une symphonie. Elle décrivait des bandelettes de chaleur, de douceur, s’associant en cercles concentriques : ou encore en enveloppe de sourires, de stabilité, de frémissements dans laquelle elle se sentait tenue, agrandie, exaltée ; ou plutôt un morceau de musique où chaque son figurait l’éveil d’un point sensible, et où leur multiplication submergeait les plages de son corps au rythme des vagues. »

Didier Anzieu. "Le moi-peau"