LA DÉMARCHE

Dessiner – Peindre – Écrire

 

 

1978 – 2003 : Les commencements

 

À l’âge de douze-treize ans je découvre la peinture chinoise de Guo Xi (XIème siècle) et les estampes japonaise de Suzuki Harunobu dans les livres de la bibliothèque municipale de Quimper. Je copie nombre de paysages et de scènes à la plume et au pinceau, à l’encre de Chine ou à la gouache. La découverte de ces œuvres délicates est un ravissement pour l'enfant que je suis. Je commence à pratiquer la photographie avec d'antiques appareils, un kodak rétinette et un 6x6 yashica, puis j'apprends le développement en noir et blanc. Cette formation de l’œil et de la main me dirige naturellement vers les beaux-arts où j'entre avec un premier univers pictural onirique. Mais je n'y trouve pas ma place, je quitte l'école et continue à peindre : paysages, nus et motifs décoratifs, à l’encre, à la peinture à l’huile, aux pastels, à la gouache...

Ce geste est nourri de grands voyages, de longues traversées des grands espaces américains (1989 puis 1994), les mêmes qui ont été célébrés par d'illustres peintres paysagistes dont j'admire les tableaux dans les musées de New-York, Chicago et Los Angeles.

 

J'éprouve tôt le besoin d’exposer mon travail, paysages et personnages imaginaires au pastel pour ma première exposition dans un restaurant à Paris en 1990.

 

Croquis, dessin d'observation et modèle vivant nourrissent ma pratique ainsi que la lecture - essais sur l'art et monographies, et l'écriture (journal, poésie, correspondance).

 

À partir de 2005 l'image et le texte s'entrelacent dans les peintures, révélant ou cachant une poésie qui se libère peu à peu  du carcan de l'intime (Peinturlue).

Puis je publie poésie et gravures aux Éditions de Morphée  petite édition d'artiste à partir de 2012.

Je m'essaie à la sculpture pendant quelques années.

Au fil des ans quelque chose s'élabore autour du végétal, du corps et du paysage.

 

« L’homme est nature, morceau de nature dans l’aire de la nature » dit Paul Klee. Je reprends volontiers cet adage dans ma pratique picturale, liant intimement les quatre règnes de l’homme, de l’animal, du végétal et du minéral. Nourrie de symboles, de mythes et de littérature, je mêle dans une grande allégresse les sources. Le résultat est une peinture figurative au service du sujet où l’inconscient a son mot à dire. Le sens ne se donne jamais d’emblée, il y a un flottement qui laisse émerger questionnement et intuition. Les peintures  naissent comme des associations d’idées, tour à tour inquiétantes et joyeuses. Les aspirations spontanées sont travaillées longuement dans la matière profonde de la peinture à l’huile, non exempte de gestes énergiques malgré la lenteur que le procédé impose. Ou alors c’est à la peinture acrylique, travaillée avec liants et pigments – pour la lenteur induite par cette technique habituellement appréciée pour ses fulgurances (…). Je passe aisément d’une technique à l’autre, souvent sur la même toile, aussi bien en grand format qu’en tout petit, avec parfois ajout de matière, colle, sable, pigments, etc. Le choc initial qui déclenche le processus pictural se perd dans les traitements successifs jusqu’à l’advenue d’une image qui me réjouisse profondément, qui émerveille durablement.

 

Que retenir de mes filiations, nombreuses et mouvantes ? Quelques noms, d'un panthéon tout personnel :

De Guo Xi à Suzuki Harunobu; Gauguin et les nabis, Caspar David Friedrich, Odilon Redon, Ernest Pignon-Ernest, Degas, Gustav Klimt, Jean Lurçat, Rodin, Camille Claudel, Niki de Saint Phalle, Arthur Rackham,l'art Inuit, Maillol, Louise Bourgeois, Georgia O'Keefe, Burne-Jones,Vuillard, Peter Doig, Goldsworsthy, Zao Wou Ki, Pierre Bonnard, Bruno Siame, David Hockney, Van Gogh, Najia Mehadji, Dia Al-Azzawi...